Pourquoi arrêter l’alcool fait si peur ?
J’ai eu peur d’arrêter l’alcool.
Tu sais ce qui est fou ? Pendant des années, je me suis dit que j’arrêterais “quand je serais prêt”. Comme s’il y allait avoir un jour une alerte sur mon téléphone avec écrit : “C’est bon, tu peux y aller, tout est aligné, aucun risque, arrêt parfait en approche.” Le jour où je n’aurais plus peur d’arrêter l’alcool.
Évidemment, ce jour n’est jamais arrivé. Parce que dans les faits, arrêter l’alcool, ce n’est pas juste prendre une décision. C’est aussi faire face à tout un tas de peurs. Certaines bien visibles, d’autres plus sournoises. Des peurs qu’on n’ose pas toujours nommer, parfois parce qu’on ne les comprend pas encore, parfois parce qu’elles nous paraissent honteuses.
Dans cet article, je vais partager avec toi celles que j’ai rencontrées. Treize précisément. Treize peurs qui m’ont retenu, paralysé, parfois fait faire demi-tour. Et je vais t’expliquer comment j’ai avancé malgré elles. Pas avec des leçons, mais avec du concret, du vécu, et des petites victoires très ordinaires — mais pour moi, elles étaient énormes.
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1. La peur du manque physique (même si, dans mon cas, il n’a jamais vraiment montré le bout de son nez)
C’est souvent la première peur qui remonte quand on évoque l’idée d’arrêter l’alcool. Et je la comprends. On entend parler de tremblements, d’insomnies, de crises d’angoisse ou même d’hallucinations… De quoi refroidir même les plus motivés.
De mon côté, j’ai eu cette appréhension, oui. Je m’étais même préparé au pire. Et pourtant, à ma grande surprise, rien de spectaculaire n’est arrivé. Pas de symptômes physiques marqués, pas de crise de panique au troisième jour. Juste un peu de fatigue et une humeur en vrac certains soirs. Rien d’insurmontable.
Mais ça ne veut pas dire que cette peur n’était pas réelle. Elle l’était. Et elle m’avait freiné bien avant de tenter quoi que ce soit. J’avais cette idée que j’allais souffrir. Que ce serait terrible. Et cette peur-là, même sans symptômes derrière, m’a retenu longtemps.
Aujourd’hui, avec un peu de recul, je dirais juste une chose : si ton corps te fait peur, fais-toi accompagner. Un médecin, un addictologue, un pro de la santé. Même si moi je n’ai pas eu besoin de ça, je sais que c’est une sécurité précieuse pour beaucoup. Ce n’est pas un luxe, c’est une manière de prendre soin de toi. Vraiment.
2. Ma principale peur d’arrêter l’alcool : La peur de perdre ma place dans le groupe
On ne va pas se mentir : l’alcool, c’est un formidable liant social. C’est ce qui fait qu’on se retrouve, qu’on rigole un peu plus fort, qu’on baisse la garde. Et dans mon imaginaire, arrêter l’alcool, c’était dire adieu à tout ça. C’était devenir “celui qui ne boit pas”. Une étiquette un peu à part. Une sorte de témoin silencieux au milieu des fêtards.
J’ai eu peur que mes amis me trouvent chiant. Que les invitations se fassent plus rares. Que je perde ce petit supplément d’aisance que le vin me donnait dans les soirées où je ne connaissais pas grand monde. C’était l’une de mes principales peurs d’arrêter l’alcool.
Et puis… rien de tout ça ne s’est produit. En fait, c’était plutôt l’inverse. J’ai été surpris par la bienveillance des gens. Par leur curiosité, parfois même leur admiration. Et ceux qui ne comprenaient pas… eh bien, avec le temps, ils ont fait moins partie du paysage. Naturellement.
Bien sûr, j’ai fait le tri quand même un peu dans mes relations. Les personnes que je côtoyaient « pour boire uniquement » ont disparues. Et c’est pour le mieux.
Ce que j’ai gagné en retour ? Des discussions plus profondes, des souvenirs plus clairs, des relations plus vraies. Et un sentiment d’alignement que je n’avais jamais connu avant.
3. La peur de faire face à ce que je ressentais vraiment
Quand on boit régulièrement, même “modérément”, on finit par ne plus savoir ce qu’on ressent vraiment. L’alcool vient lisser les aspérités, anesthésier les émotions. C’est confortable. Très confortable. Trop, même.
Arrêter l’alcool, c’était me retrouver face à moi-même. Sans filtre. Sans excuse. Et j’avoue, ça m’a fait flipper. Parce que dans le fond, je ne savais pas trop ce que j’allais y trouver. Tristesse ? Vide ? Colère ? Honte ? Un peu tout ça à la fois, probablement.
Les premiers temps, j’ai ressenti une sorte de flottement émotionnel. Comme un brouillard qui se dissipe trop vite. Mais j’ai tenu bon, et peu à peu, les émotions se sont mises à retrouver leur vraie couleur. Plus intenses, certes, mais aussi plus justes. Et surtout, je les ai traversées avec lucidité. Ce que l’alcool ne m’avait jamais permis de faire.
4. Une autre peur d’arrêter l’alcool : La peur de l’ennui
Ah, celle-là… c’est une des peurs d’arrêter l’alcool qui m’a longtemps collé aux basques. C’est étrange, mais j’avais associé l’alcool à une forme de “vie pleine”. Comme si boire rendait tout un peu plus festif, un peu plus vivant. Même un banal jeudi soir devant une série devenait une “expérience” avec un verre à la main.
Alors quand j’ai envisagé d’arrêter, une petite voix en moi m’a murmuré : “Mais tu vas t’ennuyer grave sans ça…”. Comme si sans apéro, les soirées allaient être fades. Comme si je n’aurais plus rien à attendre avec impatience.
Et c’est vrai qu’au début, j’ai eu ce vide. Ce moment bizarre où tu ne sais plus trop quoi faire de tes mains à 19h. Où le silence devient un peu trop présent. Où tu tournes un peu en rond.
Mais ce creux, il a fini par se remplir. D’abord de choses toutes simples : cuisiner un vrai repas au lieu de grignoter n’importe quoi. Me mettre à lire, sérieusement, pas juste les notifications Insta. Prendre le temps de marcher, sans but. Puis c’est devenu plus profond : retrouver des passions que j’avais mises de côté, et surtout, me reconnecter à ce que j’aimais vraiment.
A savoir : je suis incapable de rester inactif plus de dix minutes aujourd’hui, mais plus du tout pour fuir l’ennui. Plutôt pour nourrir une curiosité qui s’était réveillée.
Le plus fou ? Je ne me suis jamais senti aussi vivant. Et pourtant, il n’y a plus d’alcool pour “booster l’ambiance”.
5. La peur de l’échec
Celle-ci est sournoise. Parce qu’elle ne t’empêche pas seulement de réussir, elle t’empêche parfois même d’essayer.
Je me souviens très bien d’un matin où je me suis dit, devant mon café : “Et si j’arrêtais l’alcool aujourd’hui ?” Et dans la seconde d’après, une autre pensée est venue saboter l’idée : “Oui mais si tu n’y arrives pas ? Tu vas te sentir comme une merde. Encore.” Et hop, rideau. Merci la peur d’arrêter l’alcool !
J’avais déjà essayé plusieurs fois. Des pauses, des défis “sans alcool pendant un mois”, des pseudo-décisions. Et j’étais revenu à la case départ. À chaque reprise, je m’en voulais un peu plus. Donc, pour me protéger, je m’étais construit cette logique absurde : ne pas essayer du tout, c’était plus sûr que d’échouer encore.
Ce qui a tout changé, c’est le jour où j’ai compris que ce n’était pas un concours. Que je n’avais rien à prouver à personne, pas même à moi. Que chaque tentative comptait. Et que même si je replongeais, j’aurais appris quelque chose.
Alors oui, j’ai eu peur de l’échec. Mais ce que j’ai découvert, c’est que la peur de ne pas y arriver ne doit jamais devenir une excuse pour ne pas commencer.
6. Une peur d’arrêter l’alcool bien réelle : La peur du jugement
Cette peur d’arrêter l’alcool, elle est bien plus puissante qu’on ne le croit. Parce que l’alcool, dans notre société, c’est la norme. C’est banal, c’est festif, c’est… cool. Alors quand tu annonces que tu arrêtes, tu sors du décor. Et mine de rien, c’est inconfortable.
J’ai redouté les regards en coin, les blagues gênantes, les “T’es malade ?” ou les “Tu fais une détox ?” Et puis surtout, ce moment où on te tend un verre et tu dois dire non. Pas pour faire le malin, juste parce que tu sais que ce n’est plus pour toi.
Ce que j’ai constaté, c’est que ce jugement-là, je le projetais souvent plus que je ne le vivais. Les gens s’en fichent plus qu’on ne croit. Et ceux qui insistent, qui se sentent attaqués parce que tu ne bois pas… en général, ce n’est pas toi qu’ils jugent. C’est leur propre rapport à l’alcool qu’ils questionnent sans le vouloir.
Avec le temps, j’ai appris à dire non avec calme. Sans me justifier. Et même avec une certaine fierté. Parce que c’est devenu un choix, pas un effort.
7. La peur de ne plus être “moi”
L’alcool m’avait accompagné dans tant de moments que je croyais qu’il faisait partie de mon identité. Il me rendait plus drôle (du moins je le pensais), plus sociable, plus détendu. Alors l’idée d’arrêter l’alcool, c’était un peu comme dire adieu à une partie de moi.
Je me suis demandé : “Mais qui je suis, sans ça ?” Et franchement, au début, je ne savais pas.
Ce que j’ai découvert, c’est que ce que je croyais être “moi avec un verre à la main”, c’était souvent une version altérée. Moins lucide, plus impulsive, parfois en pilotage automatique. Et qu’en arrêtant, j’ai commencé à redessiner qui j’étais vraiment. C’est déroutant, parfois inconfortable. Mais incroyablement libérateur.
Je n’ai pas perdu une partie de moi. J’en ai retrouvé plein.
Encore une peur d’arrêter l’alcool qui n’avait pas lieu d’être.
8. La peur de perdre un plaisir
Alors celle-là, je l’ai traînée longtemps. Parce que oui, l’alcool, c’est aussi du plaisir. Le verre de vin qui accompagne un bon dîner, la petite bière fraîche en terrasse, le cocktail en vacances… Tout ça, c’est ancré dans les moments agréables de la vie. Et dans ma tête, arrêter l’alcool, c’était aussi dire adieu à tout ça. Comme si je décidais volontairement de passer en mode plaisirs au rabais.
J’avais peur de m’ennuyer à table, peur que les repas deviennent fades, que les apéros soient tristes. Et je me souviens de cette première soirée sans alcool, chez des amis : j’étais là, avec mon verre d’eau pétillante, un peu raide, un peu frustré, à regarder les autres trinquer. Franchement, j’avais l’impression d’être au régime au milieu d’un buffet.
Mais, au fil du temps, ma perception a changé. Déjà, j’ai découvert que le plaisir ne venait pas tant de la boisson que de ce qu’il y avait autour : les conversations, les rires, l’ambiance. Ensuite, j’ai commencé à m’amuser à tester des alternatives. Et là, surprise : il y a des boissons sans alcool qui sont vraiment bonnes. Pas des jus de fruit de cantine hein, mais des choses sophistiquées, recherchées, surprenantes.
Le vrai déclic, ça a été le jour où je n’ai plus du tout ressenti de manque. Où je me suis rendu compte que le plaisir, le vrai, il n’était pas dans le taux d’alcool, mais dans la qualité de ce que je vivais.
J’en avais enfin fini avec cette peur d’arrêter l’alcool bien particulière.
9. La peur de ne pas savoir dire non
Elle paraît simple, mais elle est redoutable. Parce que dans notre culture, refuser un verre, ça ne passe pas toujours crème. Il y a cette petite pression sociale, à peine déguisée, ce “allez, juste un”, ce “fais pas ton sérieux”, ce “c’est pour trinquer”.
Et moi, je déteste dire non. J’ai toujours voulu faire plaisir, ne pas créer de malaise. Résultat : j’ai souvent accepté un verre juste pour ne pas avoir à expliquer. Ou pour ne pas casser l’ambiance.
Mais le problème, c’est qu’à force de dire oui aux autres, je disais non à moi. Alors petit à petit, j’ai appris à me poser une simple question : “Est-ce que j’en ai envie ?” Si la réponse était non, je restais droit dans mes bottes. Pas en mode militant. Juste posé, affirmé, tranquille.
Et tu sais quoi ? Plus je disais non, plus ça devenait facile. Mieux : plus je le faisais naturellement, moins les autres insistaient. On apprend aussi aux gens à nous respecter quand on commence par se respecter soi-même.
10. La peur de faire face à la réalité (la vraie, pas celle un peu floue du dimanche matin)
On termine avec celle qui, pour moi, était la plus insidieuse. Parce que je ne l’avais pas vue venir. J’étais persuadé que je buvais “juste par habitude”, ou “pour le plaisir”. Mais en arrêtant, je me suis aperçu que parfois, je buvais surtout pour ne pas ressentir. Pour ne pas penser. Pour éviter certaines réalités un peu désagréables.
L’alcool était devenu une sorte de filtre. Un adoucisseur de quotidien. Une échappatoire discrète mais efficace.
Et sans lui, tout est revenu d’un coup. Les petits inconforts, les doutes, les tensions, les questions qu’on met sous le tapis. Tout ce que je n’avais pas eu envie de regarder en face.
Ce n’était pas agréable. Mais c’était nécessaire. Et surtout, ça m’a permis d’y voir plus clair. De poser de vraies actions. De faire du tri, de réajuster certaines choses. Bref, de reprendre un peu le gouvernail au lieu de dériver.
11. J’ai eu peur de manquer de courage sans l’alcool
Alors celle-là, elle est un peu taboue. Parce qu’on n’aime pas trop l’avouer, mais parfois, on a l’impression que l’alcool nous donne une forme de courage. Le petit shoot d’assurance pour parler en public, aborder quelqu’un, dire ce qu’on pense sans filtre. Un peu comme une cape invisible qui rend tout plus simple à porter.
Moi, je croyais que sans lui, j’allais redevenir ce mec un peu timide, un peu trop réfléchi, qui se planque dans les coins. J’avais peur de perdre mon côté “audacieux”, même si, soyons honnêtes, ce courage version éthanol m’avait souvent embarqué dans des plans douteux…
Ce que j’ai découvert, c’est qu’il existe un autre type de courage. Plus discret, plus profond. Celui de se lever sans fuir, d’affronter les choses telles qu’elles sont, de dire non sans avoir bu. Et ce courage-là, je ne l’avais jamais expérimenté avant. Il n’est pas spectaculaire, mais il tient debout. Et il ne s’effondre pas au réveil.
12. J’ai eu peur de ne plus savoir gérer mon stress sans boire
Le fameux “verre de décompression”. Celui qu’on ouvre à 19h après une journée de boulot tendue, celui qui aide à faire la transition entre le speed et le canapé. Pour moi, c’était un rituel sacré. Une façon de dire : “Ok, maintenant tu peux relâcher.”
Du coup, arrêter, c’était me retrouver face à un stress brut, sans tampon. Et franchement, je ne savais pas comment j’allais faire.
Ce qui m’a surpris, c’est que le stress ne s’est pas envolé, non. Mais il est devenu plus lisible. J’ai commencé à repérer ce qui le déclenchait vraiment. À mettre des mots dessus. Et surtout, à chercher d’autres moyens de le gérer : marcher, écrire, respirer, couper les écrans… des trucs simples mais qui fonctionnent. Et surtout, qui ne laissent pas de trace dans le sang ni dans le cerveau.
Aujourd’hui, quand je sens la tension monter, je ne pense plus “j’ai besoin d’un verre”. Je pense “de quoi j’ai besoin là, vraiment ?”. Et la réponse est rarement “de la bière”.
13. La peur d’arrêter l’alcool qui m’a le plus freiné : J’ai eu peur de ne pas réussir… encore une fois
C’est sans doute la peur la plus universelle. Et la plus silencieuse. Parce qu’après plusieurs tentatives, on finit par ne plus oser. On se dit qu’on a déjà échoué, qu’on est nul, qu’on n’a pas la force. Et du coup, on reste où on est, même si ce n’est pas confortable. Parce que le doute est plus fort que l’élan.
Moi aussi, j’ai eu peur de ne pas réussir. Encore. D’être déçu. De ne pas tenir. Et à chaque tentative avortée, je me sentais un peu plus petit.
Ce qui a changé ? J’ai arrêté de chercher la perfection. J’ai arrêté de croire qu’il fallait “tenir à vie” dès le premier jour. J’ai juste fait… un jour après l’autre. Parfois même une heure après l’autre.
Et chaque fois que je me suis relevé après une chute, j’ai compris un peu mieux ce qui m’avait fait tomber. Ce n’était pas un échec. C’était un apprentissage. Et aujourd’hui, je vois le chemin parcouru — pas comme une ligne droite, mais comme un parcours plein de virages qui m’a rapproché de moi.
Conclusion : Et maintenant, on fait quoi avec toutes ces peurs ?
Je pourrais te dire que ces treize peurs ne m’habitent plus. Que tout est derrière moi. Mais ce ne serait pas vrai. Certaines sont revenues, à des moments de fatigue, de doute, de vulnérabilité. La différence, c’est que maintenant je sais les reconnaître. Je ne les laisse plus me guider.
Arrêter l’alcool n’a pas été un grand moment héroïque. Ça a été un enchaînement de petits choix, parfois bancals, parfois solides. Un chemin où j’ai trébuché, réfléchi, recommencé, douté… et avancé.
Si tu te reconnais dans ces peurs, je n’ai pas de solution toute faite à te proposer. Juste une invitation : prends-les comme des signaux. Pas comme des barrières. Elles veulent dire quelque chose. Écoute-les, questionne-les, mets-les sur la table.
Et si un jour, tu sens que c’est le moment pour toi de faire un pas, sache que tu n’as pas besoin d’être prêt à 100%. Juste assez curieux pour essayer. C’est comme ça que le changement commence : pas en force, mais en mouvement.
Une dernière chose…
Si tu veux creuser un peu plus, je t’invite à jeter un œil à “Le Déclic”. C’est pas une baguette magique, mais ça peut t’apporter ce petit pas de côté, cette prise de conscience douce mais puissante. Je l’ai écrit et tourné avec le cœur, pour qu’il parle à celles et ceux qui, comme moi, ont eu peur… et ont choisi d’y aller quand même.