Jérôme, chef d'entreprise : « Je me sentais prisonnier, ou même esclave »
Il avait déjà arrêté de boire. Deux fois. Et deux fois, il avait repris.
Les deux tentatives
La première, c'était trois mois à l'étranger, sans accès à l'alcool. La seconde, trois mois pendant le confinement.
Dans les deux cas, ça a tenu tant que le contexte le tenait. Puis ça a repris.
Ce qu'il décrit de cette période, beaucoup le reconnaîtront.
« Il y avait un espèce de combat intérieur où quasiment chaque soir je me disais : après la semaine que j'ai passée, je mérite bien de me prendre un petit coup. »
« La fatigue, le manque de volonté, une forme de culpabilité à pas trouver les moyens d'arrêter. »
« C'est une spirale qui n'avance à rien. »
Le déclic
Jérôme rachetait un fonds de commerce, avec plusieurs salariés.
« J'ai besoin d'être en pleine capacité de mes moyens. »
Les signaux s'accumulaient.
« J'avais du mal à me lever, des raisonnements plus lents, des problèmes de mémoire. Ça m'a décidé à sauter le pas. »
Et cette phrase, que tout dirigeant devrait entendre :
« Si on n'est pas en bonne santé, on peut pas mener des projets d'envergure. Il faut d'abord prendre soin de soi. »
Ce qui a été différent, cette fois
Il ne l'a pas fait seul.
« J'ai été surpris par la facilité. Tu m'as donné des clés de suite pour la période difficile. »
« J'ai pas eu ce combat intérieur. J'ai pu focaliser mon esprit sur autre chose. »
Sur le premier échange, il ajoute quelque chose que beaucoup redoutent :
« C'est plus facile de se confier, parce que c'est des questions toujours très intimes et très difficiles à formuler. Ça a été fait toujours avec beaucoup de bienveillance. »
Ce qui a changé
« Je me suis libéré de l'alcool, parce qu'en fait je me sentais prisonnier, ou même esclave. »
« Le matin, je me lève comme un ressort. »
« Je me tiens beaucoup mieux en marchant, je suis pas voûté. »
Et sur l'anxiété :
« L'alcool a entre autres défauts d'être anxiogène. Avant, il fallait que je me fasse violence, par exemple quand les factures s'entassent. Maintenant je le vis beaucoup mieux. »
Et la vie sociale ?
C'est la peur la plus répandue. Sa réponse est la plus claire que j'aie entendue.
« Il y a des bouteilles d'alcool à la maison. Si quelqu'un veut boire, je sors la bouteille, je l'ouvre et je sers les gens. Mais j'ai même pas envie de le renifler. »
Ce qu'il dirait à quelqu'un qui hésite
« Je dis souvent : la peur n'évite pas le danger. »
« C'est pas une peur. C'est plutôt une forme de lâcheté envers soi-même. »
Si tu te reconnais dans ces deux arrêts qui n'ont pas tenu, tu sais déjà que la volonté n'est pas le problème.
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Un autre parcours : le témoignage de Marion
Le parcours de Jérôme est le sien. Chaque situation est différente et aucun résultat n'est garanti.
Nos accompagnements ne sont pas des actes médicaux et ne remplacent pas un suivi médical ni l'avis d'un professionnel de santé. Un arrêt brutal de l'alcool peut présenter un danger : parles-en d'abord à ton médecin.
